Choix des prothèses mammaires : quelle taille ?

Aaaaah ! La taille des prothèses ! On touche enfin au coeur du sujet !!!

Alors comment choisir ???

Je vous rassure déjà, votre chirurgien va choisir pour vous en grande partie.

Bien sûr, il va tenir compte de vos souhaits, de vos attentes et de vos aspirations. Mais il va plus tenir compte encore de votre morphologie et surtout de son expérience

Pourquoi ? Parce qu'en pratique :

– Il semblerait déjà qu'un grand nombre de femmes (J'ai lu quelque part « plus de la moitié » !!), ne connaît pas sa taille de soutien-gorge !
Un comble non ? Difficile donc dans ces conditions davoir une idée précise de celle que lon souhaite obtenir !
Petit rappel donc, à l'usage des femmes et pour l'information de ces messieurs : une taille de soutien-gorge se détermine en fonction de deux mesures : le tour de dos, qui se prend juste sous la poitrine, et le tour de poitrine qui se mesure à hauteur des mamelons. En fonction de votre tour de dos vous pouvez déterminer la taille, en centimètres, de votre soutien-gorge grâce à des tableau vous donnant les correspondances. Et en fonction de votre tour de poitrine vous pouvez déterminer la profondeur du bonnet auquel correspondra une lettre, A, B, C, D,…
Mais il faut savoir que les fabriquants n'utilisent pas tous les mêmes standards, donc d'une marque à l'autre la taille sera différente. Ceci explique probablement en partie pourquoi certaines femmes ont des doutes sur leur propre taille

– D'autre part, les patientes arrivent difficilement à se représenter précisément le volume d'une prothèse, et encore moins à le corréler à celui quelles espèrent obtenir.
Par exemple, si je vous dit de but en blanc : je vous mets plutôt une 200 cc (prononcer « deux cents cécé ») ou une 230 ? Je doute qu'une image mentale très précise se forme alors dans votre esprit, vous permettant de me répondre avec assurance : « jirais vers une 220 en ce qui me concerne, moffrant ainsi un CX (coefficient de pénétration dans l'air) de 1,8, un quotient de masse graisseuse baissant de 3% et un sex appeal en hausse de 7%. Bon, je sais que je renonce à mes +7,5% avec une 230, mais bon, il faut savoir ne pas abuser des bonnes choses »

– Enfin, en réalité les patientes ne savent pas trop le volume quelles espèrent obtenir !
En effet, quelles que soient les raisons profondes qui poussent une femme à se faire poser des implants mammaires, il y a toujours une part de fantasme plus ou moins consciente à ces motivations.
Car cette intervention touche vraiment à la féminité de la patiente puisquelle vise à modifier sa poitrine, l'un des caractère morphologique principaux qui crée son identité de femme. Dans certains cas, si cette part de fantasme est librement exprimée, elle peut même entraîner des demandes excessives.

Je men aperçois dailleurs régulièrement en consultation.

Voici le cas de Mademoiselle P, un exemple loin d'être isolé :

 

Mademoiselle P se présente lors de la première consultation. Elle est assez menue (1m65 pour 45kg) et vient pour une pose de prothèses, sans forcément avoir une idée très précise de ce quelle souhaite. Elle n'a qu'une seule demande (quelle formulera plusieurs fois avec insistance tout au long de notre entretien) : « Surtout, Docteur, je veux que ça ait l'air naturel, pas trop gros quoi. »

Elle me fait comprendre qu'elle ne vient pas pour devenir une bimbo, mais juste « pour augmenter un peu la taille de ses seins » / « retrouver un bonnet B, comme avant ses grossesses » / « gagner un peu en féminité« (rayez les mentions inutiles).

Vient ensuite un deuxième rendez-vous, toujours avant lintervention (la patiente entre-temps a re-réfléchi, fait ses examens pré-opératoires, etc.) :
Au cours de cette deuxième consultation, je lui demande plus précisément ce quelle souhaite obtenir comme résultat, et nous procédons à des essayages de prothèses dans le soutien-gorge, pour que Mademoiselle P puisse se faire une idée de sa future silhouette.
Au fur et à mesure des essayages, la patiente, commençant réellement à prendre conscience de son futur corps, commence à lorgner vers des volumes plus gros que ceux quelle évoquait lors du premier rendez-vous, avec largument « oui mais je voudrais que ça se voie un peu quand même »
On se met daccord sur une taille, et on fixe une date pour lintervention.

Arrive enfin le jour où Mademoiselle P est hospitalisée pour être opérée.
Le matin, je passe la voir dans sa chambre (pour faire les dessins en pointillés, oui comme dans Nip Tuck ) et régler les derniers détails. Mademoiselle P, dans un sursaut d'ambition, me demande : « dites docteur, je me demandais, vous avez commandé juste la taille dont on a parlé la dernière fois, ou vous avez aussi, au cas où, une taille au dessus en stock ? Parce que, si c'était possible, J'aimerais bien que soit assez gros en fait. »

Ainsi Mademoiselle P, qui me parle d'un bonnet B à la première consultation, d'un C à la deuxième, fini par me demander de lui poser un bonnet D le jour de l'opération !

Tous ces éléments font que la demande de la patiente est souvent assez floue et versatile. c'est donc au chirurgien de la systématiser !

Pour cela il tient compte de divers paramètres, comme la taille du buste ou la position des mamelons, saide de tableaux de mesures et au final, définit un petit éventail de tailles adaptées à la morphologie de la patiente.

C'est alors à la patiente de choisir sa taille finale en fonction de ses attentes réelles (et non fantasmées ).

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